Viktor Orbán à Strasbourg : c’était la mémoire de l’Europe qui se heurtait au Parlement de l’oubli

Le Parlement européen, emmené par des Verts (l’auteur du rapport) et des centristes d’un autre âge (M. Lamassoure, 74 ans), pour des raisons idéologiques ou de basse politique politicienne (quels postes à la Commission ou au PPE en échange du lâchage de la Hongrie ?), s’est discrédité, mercredi, dans l’un de ces événements historiques où le discours du perdant sera lu et étudié durant des décennies comme prophétique.

Gabrielle Cluzel a immédiatement saisi la force et l’authenticité de l’homme Orbán, ce bloc de vérité historique, ce bout de terre et de peuple hongrois tombé comme une météorite dans le monde glacé des Eva Joly qui, de l’extrême gauche à l’extrême centre, ont décidé de reconstruire un mur contre les anciens pays de l’Est.

La scène rappelait deux faits.

D’abord, un événement historique où un autre représentant d’un « vieux pays » était allé, sans aucun espoir d’infléchir la décision, expliquer à une assemblée internationale de quelle mémoire venait sa position singulière : Dominique de Villepin défendant, en 2003, à l’ONU, le refus de la France de participer à l’aventure de Bush en Irak. Dominique de Villepin dans sa langue, Viktor Orbán dans ce hongrois qui nous est si étranger, incarnaient chacun le génie de leur peuple, mais aussi la sagesse et la mémoire de l’Europe.

Mais ce Parlement européen, qui ne sait plus ce qu’est l’Europe, n’a pas pu l’entendre. Français, on ne peut que déplorer le vote des députés de droite qui se sont alignés sur les diktats de la gauche et des Verts. Imagine-ton le général de Gaulle s’abstenant ou votant pour l’exclusion de la Hongrie ? Ceux qui se prétendent ses héritiers l’ont fait, à de rares exceptions près. C’est consternant.

Quinze ans après le discours de Dominique de Villepin, nous savons qu’il avait raison, que la situation désastreuse créée par les États-Unis en Irak est la cause majeure de la déstabilisation de cette région du monde, avec les conséquences que nous subissons (Daech, Syrie, migrants).

Viktor Orbán, lui, heureusement, a plus de chances de faire bouger les lignes. Dès les prochaines élections européennes, et à chaque élection nationale, comme on le voit depuis cinq ans partout en Europe. Mais l’Histoire retiendra qu’il fut condamné en 2018 par ce Parlement européen. Et par le Président français.

Ensuite, la voix de Viktor Orbán retentissait dans cet hémicycle comme celle de la mémoire oubliée : la Hongrie ? « 1000 ans de christianisme », une lutte héroïque contre le stalinisme et puis, aussi, cette solidarité avec les Allemands de l’Est, durant l’été 1989. Ce détour par la Hongrie sans lequel la chute du mur n’aurait pas eu lieu. Nos Eva Joly et nos Alain Lamassoure de service, avant de lancer leurs accusations outrancières et de dresser un nouveau mur au cœur de l’Europe, auraient dû témoigner un peu plus de respect pour cette mémoire de l’Europe, qu’ils n’ont même pas oubliée, car ils ne l’ont jamais eue.

Ou relire le roman de l’écrivain d’un autre petit pays ayant connu le même sort que la Hongrie : Le Livre du rire et de l’oubli, de Milan Kundera, écrit en 1975. Kundera fait parler un universitaire, chassé de l’université par les communistes après le printemps de Prague et « condamné à de longues années de prison » :

« Pour liquider les peuples, disait Hübl, on commence par leur enlever la mémoire. On détruit leurs livres, leur culture, leur histoire. Et quelqu’un d’autre leur écrit d’autres livres, leur donne une autre culture et leur invente une autre Histoire. »

Kundera explique que le président installé par les Soviétiques après 1968 et chargé de réaliser ce programme, Gustáv Husák, était appelé « le président de l’oubli ».

Le Parlement européen de 2018 refusant d’entendre la mémoire hongroise, c’était le Parlement de l’oubli.

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