Et si on se préoccupait sérieusement des ponts français ?

Dans le domaine des transports, la France est connue pour ses grands ouvrages tels que les ponts et les viaducs (comme celui de Millau), relevant de la prouesse technologique.

Cependant, comme le rapporte le ministère des Transports, le mercredi 26 septembre, dans Ouest-France : « Vingt-trois des principaux ponts du réseau routier national ont besoin de travaux plus ou moins urgents. » On pourrait se dire que, sur le nombre total (164) des grands ouvrages du parc routier français, c’est très peu puisque cela ne représente que 14 % du parc routier. Mais, cependant, combien de personnes empruntent chaque jour ces fameux 14 % ? Des centaines de milliers, voire des millions. L’État préfère instaurer l’aide médicale d’État, qui saigne à blanc la France avec un coût exorbitant d’un milliard d’euros par an, plutôt que de réparer efficacement les grands ouvrages français. Le classement des ponts et viaducs en fonction de leur état est défini comme suit :

La catégorie 1 rassemble les ouvrages qui sont en bon état apparent. Or, selon Ouest-France, sur cette liste qui comprend 42 ouvrages entretenus par l’État et 122 par des sociétés routières comme Vinci ou Eiffage, seul un pont est présent dans cette catégorie.

La catégorie 2 rassemble les ouvrages ayant des défauts mineurs, « qui peuvent à terme affecter la structure ».

La catégorie 3 rassemble les ouvrages dont la structure est abîmée, a besoin de travaux mais pas de manière urgente. Il y a 21 ponts dans ce cas-là, dont le viaduc de Calix, en Normandie, et le viaduc du Layon.

La catégorie 3U rassemble les ouvrages dont la structure interne et externe, gravement endommagée, nécessite des réparations urgentes. Il y a deux ponts dans cette catégorie : le viaduc d’Echinghen, près de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), sur l’A16, et celui de Caronte, sur l’A55, à Martigues (Bouches-du-Rhône).

Alors, voilà le désastre routier français, voilà le début d’une faillite totale des institutions et d’une économie. Madame Élisabeth Borne découvre, au micro de CNews, que l’eau mouille : « On a des ponts qui ne sont pas tous tout neufs. » Fort heureusement, selon elle, elle n’a pas attendu la catastrophe de Gênes pour réfléchir à la remise en état de nos ponts. C’est bien, de parler, mais agir, c’est mieux.

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