Économie : quand la « bulle universelle » éclatera…

Les Bourses baissent dans le monde et ont raison d’être soucieuses. Aux États-Unis Trump se plaint de la remontée des taux d’intérêt, les taux à 10 ans ayant atteint 3,15 %, un sommet depuis 2011. Les rachats d’action s’élèvent au cours de la dernière décennie à 4400 milliards de dollars aux États-Unis, alors que ces sommes auraient pu être utilisées pour investir dans des usines, innover, moderniser. Selon Goldman Sachs, les rachats d’actions vont même dépasser les dépenses d’immobilisations en 2018. Seuls des taux d’intérêt trop bas justifient le recours exagéré à la dette plutôt qu’aux capitaux propres afin que les actionnaires bénéficient de la montée du prix des actions. Tandis que 9 millions de retraités américains dépendent d’une aide alimentaire…

L’économie chinoise ralentit suite aux efforts du gouvernement visant à contrôler
l’endettement du pays et aux droits de douane américains sur plus de 250 milliards d’exportations chinoises. Le gouvernement chinois a recours à des baisses d’impôts, des investissements publics et à des politiques monétaires plus souples de la banque centrale. Des rumeurs prétendent que la Chine envisagerait de vendre en octobre pour 3 milliards de dollars d’obligations souveraines américaines par représailles à la politique des sanctions de Trump, ce qui représenterait une goutte d’eau par rapport aux 1070 milliards de $ d’obligations détenues et aux 1036 milliards du Japon.

Au Japon, la croissance ne sera que de 0,9 % en 2019. La situation est préoccupante suite à l’endettement public explosif, aux déficits budgétaires, à la politique monétaire laxiste de la banque centrale et à une population qui va fondre de 25 % en même temps que son économie dans les 40 prochaines années.

En Europe, la Grèce, comme un pendu, se démène pour délester d’ici la fin de l’année ses banques systémiques (Banque du Pirée, Alpha Bank et Banque nationale de Grèce) de 20 Milliards de prêts douteux irrécouvrables alors que ces banques ont bénéficié de l’écrasante majorité des 45 milliards d’euros alloués à la recapitalisation par le Mécanisme européen de stabilité (MES).

Mais le gros point noir en Europe reste l’Italie avec sa dette publique de 2200 milliards d’euros, plus grande dette européenne en valeur absolue, à égalité avec celle de la France, et l’envolée des taux d’intérêt sur fond de propos europhobes. Le taux italien a déjà dépassé les 3,4 %. Un bras de fer est en vue fin octobre entre l’État italien et la Commission de Bruxelles qui va rejeter le budget italien. Face à la procédure pour déficit excessif de la Commission, il est peu probable que Salvini et Di Maio cèdent. Si les taux italiens montent trop avec le risque d’un krach obligataire ou boursier, soit la BCE interviendra, en contradiction avec toutes ses règles, pour éviter l’explosion de la zone euro, soit elle laissera le Système exploser, ce qui est peu probable car ce serait la fin de la zone euro ! Le paradoxe, c’est que dans ce genre de situation, ce ne sont pas les débiteurs qui tremblent et qui ont un problème, mais les créanciers (BCE, en fait toutes les autres banques centrales de la zone euro, Banques françaises et espagnoles..)

Il est surprenant que dans ces conditions l’or ne s’envole pas. La raison essentielle est que l’or s’est déjà envolé entre 2005 et 2012 pour atteindre le chiffre très élevé de 1900 dollars l’once en 2012. Depuis ce sommet l’étalon-or s’est réajusté, comme étalon des valeurs, à environ 1200 dollars l’once, tandis que tous les autres actifs sans exception dans le monde ont connu au contraire une « bulle universelle ». C’est la raison pour laquelle la Pologne, le Kazakhstan, l’Inde et les Philippines, après la Russie et la Chine, ont récemment fait l’acquisition de lingots. Lorsque la « bulle universelle » tous pays, tous actifs, éclatera, l’or augmentera alors à nouveau car il redeviendra la nouvelle monnaie universelle.

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